Focul Care Arde

Matériaux divers, enceinte diffusant une musique de l’artiste Harilay Rabanjamina composée pour l’installation, texte écrit pendant le voyage en train de la France vers la Roumanie, traduit du français au roumain et imprimé sur feuillets à emporter

Institut Français de Timișoara, Roumanie

Février 2020

Le feu se brûle-t’il lui même ?

Pendant que l’air et l’eau s’amusent, le feu jaloux les observe.

L’air et l’eau s’accompagnent comme deux amis se réunissent. L’air souffle sur l’eau, l’eau entame une danse pour l’air.
L’air et l’eau se touchent, joueurs. L’eau réagit à l’air, se met en mouvement, tournoie, éclabousse.

Langue contre langue. Larve contre larve. Par bribe, bouches ouvertes, bouches fermées ; le vent, du haut de la falaise, vient se frotter à l’humidité des spécimens. L’une des bouches dit à l’autre quel charme fou elle lui trouve.

De cette soirée d’été se dégage une odeur de bois séché par le soleil de ces longues et chaudes dernières journées. Le ciel transparent, clair, de couleur cyan laisse place à une légère obscurité.

Fleur séchée du haut de la falaise.

Rothande rose
Limonium rose

Carthamus orange
Amaranthe pourpre
Delphinium bleu nuit
Sanfordii jaune

Lavande violette
Baie de poivre rose
Statice sinuata lila et lila clair

Cyan

La nuit arrive bientôt, les couleurs changeantes du ciel se font face. Du rouge au rose en passant par le orange. En fond, du mauve. En bas, du bleu, tout en haut aussi.

Au-dessus, les goélands dansent dans le vent rafraîchissant, chantant.

Le bleu et le jaune se mélangent pour ne former qu’un, une tache au bas de la falaise, au bout de l’horizon. Tout, autour, semble s’opacifier.

Ainsi attirées, les larves et leurs bouches en forme de coquillages de l’espèce trivia arctica, descendent de la voute, partent se baigner dans l’eau salée pétillante.

Rejoignent la tache verte, rayon lumineux du bout de l’horizon.